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 ~ Bienvenue au Cabaret du Temps ~

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Teadrop

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MessageSujet: ~ Bienvenue au Cabaret du Temps ~   Mer 13 Jan - 19:29

~ Bienvenue au Cabaret du Temps ! ~



Entrez, entrez : il y a de la place pour tous parmi nous. Petits et grands, jeunes femmes ou vieillards, modestes humains ou chimériques créatures, le Cabaret vous accueille avec joie !
La revue vous attend ! Venez consulter notre programme de ce soir, ou simplement discuter et boire un verre avec des amis ; assister au spectacle ou bien partir avant le lever du rideau ; faire vos magouilles malhonnêtes ou vous laisser séduire par notre troupe... Mais attention ! Quelqu'un parmi toute la troupe du Cabaret du Temps a tué Carmilla Temporicide, la fille de la patronne, et cherchera à éliminer ceux qui se mêlent de trop près à cette affaire. Aurez-vous le courage découvrir la vérité et d'élucider le mystère du meurtre de la jeune demoiselle d'à peine onze ans, que l'on retrouva empoisonnée dans sa chambre, un soir d'automne, avec une tasse de thé à demi vide au parfum d'amande amère suggérant le cyanure ? Pourquoi la pauvre fillette fut-elle tuée ? Quel était le but de l'assassin ? Et surtout... Qui était cet assassin assez inhumain pour tuer une fillette ?




C'est un vieil air de boîte à musique ou de carrousel ; un tract froissé et jauni au parfum de thé ; une odeur de caramel ou de liqueur ; quelque chose vous a attiré chez nous. Vous avez parcouru ces vieilles rues de Post-Paris, vous avez poussé la lourde porte du Cabaret. Les rideaux de velours rouge vous appellent. Vous les touchez, vos doigts caressent le lourd tissu sombre. Un claquement de talons derrière vous vous surprend.

« Bienvenue au Cabaret, cher invité ! »

Le sourire radieux et les lèvres rouges velours, la patronne de l'établissement, Vitalie Temporicide, vous regarde dans les yeux jusqu'au fond de votre âme.

Chronologie:
 

Qui êtes vous?:
 

Votre but:
 

Lieux:
 

Règlement du Cabaret:
 

Règle du rpg :

-Les règles du site.
-Pas de power-gaming.
-Soyez original avec votre personnage (pas que des vampires ou que des humains, amusez-vous, créez des personnages inattendus).
-Amour permis. Les intrigues amoureuses, c'est sympa ! Scènes érotiques acceptées si elles sont signalées avant (On est dans un lieu qui est dédié à la sensualité, c'est logique).
-Langage : nous sommes dans un cabaret ! Veuillez utiliser un langage adapté (formel et courtois sur scène, il est évident ; le ton peut être plus relâché en coulisses).
-Les jours sans représentation comporteront tout de même les repas et la répétition.
-Le ou la meurtrier/ère sera choisi/e parmi les participants qui le veulent bien et sera mis au courant dès le début. Seul le maître du jeu et le participant meurtrier sauront qui a tué Carmilla.

Formulaire :


Nom :
Prénom :
Sexe :
Âge :
Humain/Non-humain :
Caractère (5 lignes obligatoires) :
Histoire (5 lignes obligatoires) :
Description :
Numéro dans le spectacle (si artiste) :
Pouvoir (si non-humain) :

Autres :

Les images ne m'appartiennent pas, à part les plans Paint à l'arrache.
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Teadrop

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MessageSujet: Re: ~ Bienvenue au Cabaret du Temps ~   Lun 21 Mar - 21:37

Il fait noir dehors.
Dedans, la chaleur des applaudissements qui s'estompent après la revue. La salle sent la liqueur de cerise trop sucrée et la Chartreuse dont la verveine alcoolisée fait tourner la tête des femmes et brouille la vue de ces messieurs aux cigares bon marchés. Le brouhaha est intense. Les rires sont hauts perchés et les paroles sont vides de sens parfois.
Les rideaux de velours lourds et rouges se sont refermés sur les cabarettistes et autres étrangetés du cirque de curiosités. Anko la barmaid sert encore quelques clients tardifs, explorant déjà les âmes engourdies des endormis de l'alcool pour les remplir de frayeurs et de frissons nées de ses mains de fileuse de cauchemars. Dans la salle, une métanaturelle pas vraiment à son aise se coule entre les spectateurs, heurte un jeune homme blond sans faire attention, pressée. Un vampire aux penchants changeants a les lèvres au bord d'un verre de bloody mary que la peur de certains ferait presque passer pour du sang, son regard se perdant le long d'une gorge inconnue, explorant des yeux une jugulaire palpitante, les pupilles s'égarant sur une peau trop blanche pour ne pas finir tachée de rouge. La nuit est encore jeune et Luglio se laisse aller à séduire en silence, à enjôler sans jalousie aucune et à goûter à celles et ceux qui se laissent aller à lui.

Les coulisses sont silencieuses.
Une banshie en coulisses, enlève son maquillage de squelette en sucre. Elle voit passer une demoiselle seule qui file s'enfermer dans sa chambre remplie de tic-tac tic-tac tic-tac incessants. La lune filtre sous sa porte. Des plaintes et du tissu que l'on tire. C'est ainsi chaque soir. Lacie est enfermée comme à son habitude.
Aemilia caresse la porte et se laisse glisser le long du mur, pour chanter dans un murmure une petite berceuse de nourrice dans un vague espoir pas bien nourri d'apaiser un instant la dresseuse au caractère bien trempé.

Hey little fiddle
Could you sing a little something ?
And I'll dance with the elders
And I'll lead 'em to heavens

Hey little fiddle
We are in the middle
Of the stage of the freak show
At least here is safe for now



La demoiselle aux jambes tatouées a-t-elle entendu un soupir d'apaisement ou est-ce uniquement une poussière d'imagination ?

"Lacie ?"

Pas de réponse.
Aemilia se relève sans bruit, fantomatique si l'on peut dire, et se dirige, quelques portes plus loin, vers sa propre chambre.
La porte grince.
Elle sourit et sort de tout son bazar de scène un livre récupéré à la Luciole, un vieux traité sur les apparitions en Écosse. Elle allume une bougie et la pose sur la table de chevet en ébène. Lentement, la Bean Sidhe délace son corset blanc, laissant le tissu et les baleines rigides libérer sa cage thoracique étranglée. Elle ôte des ses cheveux, ses poignets, ses chevilles, ses grelots d'argents qui tintinnabulent et carillonnent comme un petit triangle oublié au fond de l'orchestre.
La revue de ce soir fut des plus mortifères, la salle était comble pour sa séance de danse.
Les plaintes de la banshie se sont faites tour à tour lancinantes et doucereuses. Les soupirs rauques ont succédé aux gémissements aiguës comme la douleur de la ciguë.
Elle caresse le métal du lit et s'allonge, nue. Elle sent le tissu chatouiller ses côtes. Elle ouvre le bouquin usé déjà et se plonge dans sa lecture. Elle l'aura fini à l'aurore.
Un homme aux traits léonins l'aura peut-être vue par l’entrebâillement de la porte, ses longs cheveux couleur de tourbe coulant sur ses clavicules et son sternum décharné, plongeant dans l'arc incertain de sa colonne vertébrale saillante, couvrant de leur couleur sauvage des côtes trop resserrées et apparentes dont même le corset a pris la forme à force de temps. Allongée à plat ventre sur le lit, les os de son bassin semblent encore couverts d'un peu de chair – illusion détruite à l'instant où elle se relèvera, pour sûr. Ses seins ? Il n'y a pas vraiment lieu d'en parler. Deux pointes maigres en tenaient lieu, vaguement pour le moins. De fesses il n'y avait que le nom, tant ses jambes étaient fines. Ces mêmes jambes étaient tatouées sur le devant d'ossements noirs, comme calcinés, échappés à un quelconque crématoire.
Funeste demoiselle que cette danseuse-là, vraiment, mais sans doute n'était-elle pas la plus obscure de ce cabinet de curiosités vivant.

Dans la salle désormais presque vide, un doux murmure se laisse entendre.
Une femme en robe framboise a entre les mains un sablier minuscule et une jeune femme un peu trop curieuse sans doute. Une histoire d'amant et de coucheries, un tissu de sexe et de bêtise. Tout ce dont elle a besoin, c'est que jamais son fiancé n'entende parler de ce jour-là où elle n'était pas chez sa sœur.
C'est un petit pacte de sang que scelle la demoiselle, dont une goutte tombe dans le sable et l'en colore de la teinte des cerises trop mûres.
Et le temps bat un demi-temps en arrière pour la jeune femme, ce même temps qui coule dans les veines d'une patronne magiciante à l'âge incertain. Vitalie ne vit que par ce temps volé aux mortels.
Quelqu'un passe derrière le rideau de velours aux plis lourds.
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Ikari
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MessageSujet: Re: ~ Bienvenue au Cabaret du Temps ~   Mer 23 Mar - 19:40



La pièce était sombre, les rideaux tirés cachaient la salle de la lumière extérieur, de la lumière des quelques lampadaires jonchant les pavés âcres et sales. Seul un léger filet de lumière bravait l'interdit et traversait l'endroit où le tissu s'arrêtait sans toucher l'autre. Le trait blanc glissait sur le marbre sombre, froid, presque glaciale, il continuait sa course avec vitesse, une folie aussi grande que celle de rentrer dans la cage d'un lion. Pourtant, au final cette lumière venait s'écraser, s'évanouir, périr et mourir contre un bois sombre, puissant et dur, s'élevant comme une colonne droite, insensible et terrible. Les rayons peu à peu étaient dévorés par l'ombre, par la noirceur des lieux, alors qu'un faible regard coulait vers celle qui agonisait. Puis soudain se fut la décadence, la chute, la brisure et déjà une pâle lumière inondait et dévoilait la pièce. Une pièce de marbre noir, vide et dénuée de meubles, d'effets personnels. Où, seul au centre du diamètre du demi-cercle s'élevait une grande horloge d'un bois clair et verni, simple et rectangulaire, munie d'une vitre de verre laissant apercevoir le pendule dont la couleur hésitait entre l'or et le bronze, le mécanisme répondait avec le cadran dont les chiffres romains répandait leur noirceur sur la plaque blanche, les aiguilles stylisés se répondaient, concordaient et agissaient ensemble pour faire se mouvoir la pendule dans une lenteur monotone. Le tic tac incessant était le seul bruit dans ce lieu où une magie étrange opérait avec le temps, créant, dessinant sur les murs -qui donnaient l’impression de se recourber vers le ciel- des cadrans dont les chiffres romains étaient séparés par des traits noirs qui finissaient par se rejoindre pour former un cercle dont le centre était le point des deux aiguilles. Pourtant tous les cadrans ne se ressemblaient pas, tous contenaient les mêmes chiffres romains mais d'autres et sales, ternes, plus anciens. La pièce entière était recouverte de ces cadrans dont les aiguilles pour certaines s'agitaient avec fureur, elles faisaient des tours sans se soucier des secondes, des minutes et des heures. Elles semblaient folles alors que pour d'autres bien au contraire leur lenteur ne correspondait pas avec le temps. Dans cette salle vide, nue de ses meubles où le temps s'embrasait de folie, où sa déchéance et décadence s'exprimaient dans un tic tac assourdissant. Pour au final n'être qu'un jeu du temps lui-même.

Mais le pire restait à venir. Sous l'horloge ancienne déjà se dessinait un ultime et dernier cadran, aux chiffres romains brisés, salis, et où le blanc de l'horloge était parsemé de tâches rouges sombres, où les aiguilles avançaient à grands peines, la plus grande brisée, rongée et la plus petite luisant d'un liquide rougeâtre. Bien souvent les aiguilles n'avançaient plus, reculant où restant sur une heure quelconque avant de repartir où simplement avancer de nouveau pour reculer. Le bruit irrégulier de l'horloge en devenait plus oppressant que tous les autres, agissant quand ceux-ci se muaient. Ce dernier cadran se dessinant n'était qu'un reflet d'une vie, d'une vie morte où le sang et la saleté étaient les acteurs principaux de la chute de ce temps.

Un las regard fut jeté quand ce dernier cadran fut dessiné, cette chambre détraquée, cette chambre de folie, où vivait une muette à la voix de muse, où sévissait une ombre de ténèbres telle une couverture s'affaissant sur l'endroit. Les longs cheveux noirs glissaient contre les rideaux, sur ce rebord où elle se tenait assise, les jambes légèrement repliées vers elle, nues de sa robe courte sur le haut et longue comme la traîne d'une mariée, les mains s'agrippant aux tissus, les tirant alors que son visage revenait s'emmitoufler dans le rideau, que son regard retournait à une contemplation vide et monotone de la rue. Cependant son attention se portait sur ce qu'entendaient les oreilles noires de lion qui ornaient aujourd'hui sa tête, le tic tac incessant des horloges, venant se répercuter dans son esprit, alors que la queue tout aussi noire se balançait comme une pendule.
Dès l'instant où elle avait terminé son spectacle elle était retournée dans sa sombre chambre, évitant les autres comme à son habitude, les fuyant la tête basse pour ne pas se laisser tenter à la tentation. Même si pour échapper à la tentation il fallait se laisser tenter. Elle ne croyait pas à cette sornette, ce laisser tenter était s'abandonner dans un cercle vicieux et infini. Un passant traversa, un instant il releva la tête pour voir cette femme à la fenêtre, cachée derrière des rideaux plus noirs que les ténèbres, avant de vite s'enfuir loin dans la nuit où la lumière dansait. Ses yeux l'avaient à peine suivit alors que dans son monde peu à peu les cadrans disparaissaient, s'effritaient pour rentre à la pièce une apparence normale.
Sa robe enveloppait son corps tel un corset, le vermeille la mettait en valeur et attirait le regard de ceux voulant ce divertir par le sang, elle se finissait pas la broderie lavande pâle dont les rubans s'enlisaient dans les plis du vêtement pour finir par s'enrouler autours des jambes. Elle n'avait pas pris la peine de se changer et l'odeur des animaux lui collait encore à la peau et même si la froideur de sa chambre avait calmé la chaleur de son corps moite, la fièvre du spectacle était encore ancrée en elle comme un parasite ne voulant la quitter. Pourtant à peine se sentait-elle gênée par cela, à peine la robe-corset ne la dérangeait pour ce mouvoir, l'odeur des fauves apportaient un effluve doux et sauvage sur celle vanille avec laquelle elle se douchait alors que sa chaleur la berçait comme pour la rendre groggy et la pousser lentement vers le sommeil.

Elle resta encore un temps, fixant la rue, attendant elle ne savait quoi, avant de peu à peu se laisser à l'endormissement, son corps entier bascula, les rideaux frémir pour ne pas succomber à la poigne de ses mains entraînées par la chute, pour finalement venir se placer contre sa poitrine. Ses cheveux s'étaient étalées dans un voile, et la faible lumière pénétrant encore venait entourer sa taille et ressortir le rouge. L'une de ses jambes se replia, se posant sur le mollet de la seconde ; et le spectacle qui s'offrait ainsi à l'ombre et la solitude de cette salle était digne d'une chimère, d'un rêve, un onirisme pourtant bien réel.
Et en même temps, déjà l'être de la chambre succombait à un état de demi-conscience, les yeux se fermant et la respiration se baissant, devenant plus inaudible que le silence lui-même. Pourtant elle savait que la soirée, ou plutôt la nuit ne faisait que débuter, qu'il ne fallait pas dormir. Sa queue frappa faiblement le sol à plusieurs reprises, elle se mettait dans l'attente, dans la patience. Son esprit ordonnant ses sentiments conflictuels entre l'envie de dormir et celle de rester éveillée, mais aussi contre la lave bouillant en elle, se volcan actif encore prêt à imploser au moindre désagrément. Cette seule évocation de sa colère raviva d'instinct celle-ci, la colère contre soit-même, sans savoir pourquoi ni comment, une prise à la gorge formant une boule dans celle-ci et dans son ventre. C'était la haine, la douce colère et la plus terrible qui caressait et prenait possession de la jeune femme, plantant sur son crâne le drapeau de la victoire. Une émotion qui grandissait en elle comme une sombre maladie, telle un lys se développant et engendrant le rôle de sa rage.

Le tic tac incessant se glissa lui aussi contre ce corps mi-éveillé mi-endormi, calmant des nerfs à chauds et pétrifiant le feu devenant trop intense. Elle était dans son havre de paix, dans le silence uniquement perforé par le bruit des aiguilles d'une vieille horloge, dans le léger mouvement de vent d'une pendule agissant en balancier, dans l'ombre où la lumière peinait à s'imposer comme maître. Où il lui était impossible de s'imposer en maître.
Il fallait attendre. Patienter. Jusqu'à ce que les choses se passent, jusqu'à ce qu'un événement n'arrive et ne bouleverse ce lieu presque sacré pour cette femme à la vie sombre et aux horloges détraquées, déréglées.

Il fallait attendre.


***



Cette fois il n’avait aucune émotion, un calme plat, étrange, une placidité déconcertante alors que le son de ses sabots heurtait le silence nocturne d’une ville. Il errait là comme un fantôme, sa robe blanche encore humide de l’eau qui avait vu l’enlèvement, le rapt. Il allait, là comme un mort, un squelette, une aura étrange, une illusion récurrente que l’on voudrait oublier rapidement, que l’on voudrait fuir, partir loin de cet animal de malheur.

Là où le blanc était synonyme de pureté, d’innocence, de juste et de vérité il devenait chez cet être plus souillé, plus atroce, horrible, répugnant et dégoulinant de pêchés, de vices. Son souffle se perdait dans une légère brume tandis qu’il pouvait déjà entendre les bruits des clients s’effacer au fur et à mesure de sa marche lente et sinistre. Alors que sur lui se retournaient les regards, que la peur venait effleurer ses crins dans une caresse glaciale et agréable. Son étrange sérénité n’était due qu’à sa faim à peine rassasiée, à ce désir enfin achevé. A peine prenait-il gare au monde qui l’entourait, ses longs cils bas enveloppaient son regard bleuté baissé sur le pavé, il n’en avait que faire, il était satisfait et son étrange plénitude n’était qu’une phase sombre d’une bête de foire. Il rentrait, là, au bercail, chez lui, dans cette ambiance étouffante, brûlante, transpirante. Odorante d’alcools, de parfums envoutants ou des odeurs âcres. Aux couleurs rouges, ocres dont l’ambiance glamour excitait les chats et chiennes. Après tout, les cabarets n’étaient-ce pas l’un des lieux les plus prisés pour quelques prostituées, pour quelques hommes infidèles et quelques femmes en manque d’amour. Dans la tête du cheval tout s’embrouillait, se mélangeait comme si lui-même était victime de l’espace et du temps en dehors du présent du cabaret, victime de ses propres illusions. Son toupet tambourinait contre ses tempes à chaque pas, glissait sur son chanfrein, frottait sur ses paupières basses alors  que quelques mèches étaient désireuse de rejoindre le noir de son museau.

Dans son esprit il traversait déjà les couloirs du cabaret dans lequel il avait été absent, il s’enivrait déjà des parfums des femmes, ressentait lui-même le plaisir et l’excitation qu’elles avaient délaissé sur leur passage, ses sabots le glissait entre les murs à la pâle lueur, douce et chaleureuse, commençant déjà à s’éteindre. Pourtant son physique se mouvait dans la nuit aux lampadaires s’épuisant, ses longs crins s’enroulaient dans quelques lierres épars, sa queue frottait la peau de ses cuisses. Il se sentait dans cette étrange léthargie après son crime, dans un état second, une transe l’endormant.

Puis la résonnance de ses sabots heurta la façade de sa demeure, et sans changer sa forme équine il s’engouffra dans cette chaleur moite lui collant à la peau, affrontant le froid de l’eau sur son pelage, créant une humidité froide, faisant trembler ses membres. Mais il n’en prenait pas gare, déjà l’animal traversait la pièce, remettant les tabourets  à leur place, faisant tomber les nappes trop sale, remettant les tissus d’une manière plus jolie. Alors, sans se soucier, il s’allongea contre le bord du bar, sa respiration calme, sans hennissement,  sans rien. Avec le calme d’un mort, d’un cadavre. Dans sa tête déjà résonnait une douce musique sombre que chantait ce pauvre enfant. Cet enfant gisant dorénavant dans l’eau glaciale, vaseuse dans laquelle ce maudit kelpie aimait entraîner ses victimes. Ce lac aux morts, aux noyés à l’aspect gonflé, blanc, dont tous les petits capillaires ressortaient inertes et mauves, avec des lèvres bleuâtres, sans vie, le bout des doigts jaunes, inspirant l’horreur et la terreur, la peur et l’effroi. Le dégoût et la répugnance. Un enfant enveloppé dans un lit d’algue, aux yeux ressortant et globuleux, vides, et au corps mâché, dont les morceaux tombaient en sédiment pour se mêler à la vase puante, à l’eau sale, couleur d’une boue mêlée au sang, aux cadavres et à la maladie. Il n’était qu’un kelpie, un maudit cheval dangereux, errant dans les rues pavées, cherchant l’enfant egaré.

***



La nuit était tombée, déjà son sourire affichait ses canines, sa soif de sang. Il faisait tourner sa boisson, son délice avec une certaine once de plaisir sanglant. Même s’il ne dormait plus le soir était un éveil violent, dangereux, se traduisant par la coulée de sang, le plaisir, la torture pour finir dans la mort. Il venait dans ce cabaret sans prendre gare aux spectacles, prenant juste ce malin et vicieux plaisir de montrer sa sale face à Anko, pour séduire toutes ces femmes en mal d’amour et leur faire vivre un véritable cauchemar, les tirer jusqu’à la léthargie dangereuse et leur faire embrasser la douceur d’une mort prématurée. Dans l’extase et le plaisir d’une nuit d’horreur, de crie et de hurlement sinistre lors de la découverte du vrai visage d’un roi.

Il se moquait des frivolités, la seule beauté qu’il adulait était celle du sang sur une gorge trop fine et trop blanche, il succombait en voyant les gouttes rouges lui glisser entre les doigts, pour finalement s’écraser sur sa langue tendue, récoltant le nectar, récoltant le goût métallique qui semblait être mieux que le nectar. Ses crocs s’enfonçant dans la chair, se délectant du léger pic de douleur alors qu’il y mêlait un plaisir sensuel faisant gémir sa proie qui comprenait dès l’instant suivant dans quelle situation elle se trouvait, il aimait la sensation d’un cœur plus battant, plus puissant, s’affolant, s’agitant, il aimait entendre ses femmes hurler de peur alors qu’il se gorgeait de leur force, de leur sang comme une bête, qu’il les vidait, les saignait ; leur peau blanche et splendide se flétrissait comme une fleur sèche alors que les larmes roulaient comme des perles nacrés sur des joues déjà livides, par des yeux déjà vides, dont l’âme se perdait dans les limbes de la mort, dans le baiser fiévreux et sans retour. Mais chaque fois qu’il les accompagnait dans ce chemin il pouvait sentir qu’elles ne pouvaient y croire, qu’elles ne pouvaient l’accepter et lui en vouloir, il les sentait s’en vouloir contre elles-mêmes, de ne pas le haïr, d’avoir succombé et elles partaient pleines de regrets, de hontes, de rages, et de colères. Fourbe c’était ce sentiment qu’il ressentait, cette domination morbide qui le faisait frissonner. Un véritable cauchemar vivant, un monstre, un vil démon, un putain de diable violent, sans vergogne, sans scrupule. Prenant son pied dans la torture psychologique des belles nobles, de ces belles catins richardes, aux multiples volants qu’elles n’hésitaient pas à soulever et dorénavant au corset tachés de sang.

Ses proies pour la nuit était déjà toute trouvée, pourtant il traînassait, prenait son temps, sûrement jusqu’à la fermeture total, prenant plaisir à imposer sa présence, son aura mauvaise, sinistre, son sourire joueur et dangereux, son regard narquois et ses deux canines appelant à se faire percer la gorge sans ménagement. Il n’avait jamais été un vampire agréable, gentil, où prenant soin de ses proies. Il les tuait, les abattait froidement, sans réfléchir, sans penser à leur famille. Puis s’il faisait du mal alors tant mieux, s’il blessait, heurtait quelqu’un alors il y prenait un grand plaisir à le savoir, à se délecter de la peine des autres, l’un des seuls passe-temps dans la vie d’un immortel après tout, que même le sommeil fuyait. Mais bon, il ne s’en plaignait pas, il était un roi.

***



La mondanité se terminait, dans quelques rires faux et légers, par quelques mains fines et gantelées devant une bouche en cœur, avec quelques mèches folles sur une nuque humide, dont les boucles d’oreilles longues et charmeuses embrassaient ces cheveux fous. Les robes étaient toutes aussi lourdes qu’au départ mais sur des corps déjà plus faible, fébrile et chétif comme des enfants apprenant à marcher. Son regard glissait sur les nobles, sur les belles dames, les beaux hommes, sur ces enfants adorables mais seulement en apparence. Elle-même mettait ce masque souriant, elle connaissait la chanson, le refrain incessant des quelques phrases pour paraître intéressée et curieuse, elle faisait semblant comme tous les autres. Une comédie parfaite, un théâtre théâtrale, une pièce magnifiquement jouée, mais simplement et terriblement fausse. Un jeu de cache-cache où les cachettes n’étaient que des facettes.

Une nouvelle fois elle avait entendu ses parents dire encore et encore « trouve toi un mari » la même rengaine pour une jeune femme déjà vieille fille, les mêmes paroles pour une héritière bonne à avoir des enfants pour laisser un héritier. Alors comme à son habitude elle s’était tenue, avait souri aux mots déplaisant, aux critiques et aux remarques, prenant soin de ne surtout pas y répondre, elle avait baissé les yeux quand un homme lui avait adressé la parole, avait bu quand enfin il le fallait puisque les mondanités signifiaient s’afficher, se dévoiler, montrer que les nobles n’avaient nul besoin de boire et de manger, qu’ils étaient beaux comme de la porcelaine mais plus puissant qu’une tempête, avec l’autorité d’un membre de la famille royale. Sa main s’était glissée maintes et maintes fois dans celle rugueuse et dur d’un homme désireux d’exhiber toute sa force, afin de lui faire comprendre la sécurité qu’il pouvait lui offrir. Alors qu’au final, elle serait plus puissante dans l’escrime que lui.

La nuit avançait lentement et ils durent rapidement rentrer dans leur manoir, elle regarda une derrière fois la salle de bal, là où elle avait valsé avec plusieurs hommes aux noms et aux visages maintenant inconnus, ou pire oubliés. Les lustres brillant, les murs comme s’ils étaient fait d’or et le carrelage réfléchissant de cette couleur de miel pâle, d’un beige allant au teint, d’une beauté magique et à peine imaginable, sur laquelle les talons claquaient comme pour donner le rythme de la danse aux violons, pianos et aux autres instruments se relayant dans une douce cacophonie. Ses doigts sans gants glissèrent le long des plis de sa robe d’un bleu royal entouré par des pans blancs, au col laissant voir la courbure d’une poitrine trop compressée, dont la taille accentuée par sa ceinture de tissu un peu plus ce fort sein douloureux. Pourtant jamais une plainte n’avait traversé ses lèvres et la jeune noble était finalement monté dans la voiture, la calèche dont les chevaux bais se tenaient fièrement, à peine retenu par leur lanière comparé aux autres équins à la tête trop haute, les déformant sur leur colonne, les blessant et les rendant plus sauvages par la douleur. A peine le cochet pouvait-il utiliser son fouet sans les remontrances de la famille.

Les sons des sabots au trot léger résonnaient dans la nuit sombre alors que ses parents somnolaient déjà d’une trance, leurs forces vidées par cette fête d’un duc. Mais sa mère trouvait encore le pouvoir de lui poser sa fameuse question, d’une voix calme, posée, et limpide comme de l’eau de roche.
- Yashikio, as-tu trouvé un compagnon idéal ?
- Non mère.
Toujours les mêmes paroles, ennuyantes et dites sur ce ton las et fatigué alors que son regard d’écorce glissait vers la fenêtre qui ne serait pas une protection face à un quelconque danger. Encore une heure de route.

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ytka

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MessageSujet: Re: ~ Bienvenue au Cabaret du Temps ~   Jeu 24 Mar - 22:17

Il était au bar, suivant des yeux les délicieuses créatures qui se trouvaient tout autour de lui. Celle-là, se disait-t-il, ou bien celle-ci? Tant de possibilités s'offrait à lui qu'il en perdait la tête. Son attention fut captée par une charmante demoiselle qui se trouvait non loin de lui: une jeune femme blonde, d'environ vingt ans. L'odeur de son sang renseigna Luglio quant à son état, qui faisait d'elle une proie parfaite. Elle était triste, il ressenti de l'amertume, du désespoir, de la fureur. Il commanda à Anko une boisson à offrir à cette créature si attrayante, et se dirigea vers elle.

Il parcourut la foule rapidement, passant entre les tables pleines de convives de choix, dont Luglio fit rapidement une liste mentale pour ton tableau de chasse. La jeune femme était assise à l'écart, elle portait une robe d'un mauve profond, dévoilant par ailleurs un cou fin et une poitrine généreuse. Sa peau était pâle, on y voyait ses veines, tantôt bleutées, tantôt mauves, propageant ainsi une odeur alléchante. Ses longs cheveux bonds étaient retenus en une queue de cheval parsemées de petits bijoux en or, ses lèvres rouge bordeaux et ses yeux noirs complétant son charme irrésistible pour un vampire tel que lui. Elle se démarquait des autres invités de par son sang, sa beauté, sa non-allégresse qui la rendait indéchiffrable et hors de portée. Ces qualités touchèrent Luglio, qui ne perdit pas de temps pour lui proposer un verre.

- Mademoiselle, dit-il en jouant de ses manières d'aristocrates, lui faisant le duo « courbette et baise-main », permettez-moi de me présenter : je me nomme Luglio di Soberta, artiste ici, au Cabaret du Temps.

La jeune femme répondit brièvement, d'un air las et ennuyé, comme habituée de ses rencontres :

- Sileyna, fille de la richissime baronne Bluellely de Sorbonne.

- Permettez-moi de vous offrir ceci, et je vous prierai de me croire sur parole, bellissima farfalla, quant à mes intentions pures et dénuées de manipulation.

Plusieurs personnes affirmèrent avoir vu, ce soir-là, une étrange lueur rouge dans les yeux de cet étrange individu, charmeur à plein-temps qui ne passe pas inaperçu. La jeune femme ne le vit pas, ou plutôt ne le réalisa pas, qu'elle était un magnifique papillon tombé dans la toile de l'araignée, sans aucun espoir de sortie. Elle était à la merci de son enjôlement, condamnée, le temps d'une soirée, à assouvir les penchants quelque peu vampiriques de Luglio.

Il la guida à l'extérieur du Cabaret, une main posée sur ses hanches, et l'autre lui tenant la main.

- Par ici je vous prie, mio piccolo cuore di bellezza , je vais vous faire goûter à un plaisir tout nouveau, me délectant par la même occasion de vos effrois, de votre peur, de ce regard brumeux… Ajouta-t-il, prenant entre ses mains le délicat menton de sa proie, baissant les yeux vers les siens, désormais vides de conscience. Il ne put résister de voler un baiser à ses lèvres pleines de beauté, s'octroyant un avant-goût de sa soirée et se fichant éperdument des regards insistants des passants.

***

La petite Lilith attendait patiemment dans la chambre de son frère, Lyall, Vitalie ayant fait une exception pour elle et lui laissant accès à sa loge. Elle était assise sur son lit, détaillant les meubles et les affaires de son frère. S'ennuyant, elle s'approcha de la fenêtre, observant les maigres lumières de la ville, les ombres inquiétantes des bâtiments et de leurs passants… Son regard se porta sur un chat noir errant, une pauvre petite bête abandonnée. Elle s'en désola, s'éloignant de la fenêtre.
Elle se dirigea ensuite vers sa clarinette posée sur le bureau, encore dans son étui. Pourquoi pas, se dit-elle, jouer un peu ? Cela la détendrait sûrement, la ferait oublier son ennui quelques instants. Elle se saisit des loquets, les ouvrit et contempla un instant l'instrument. Elle y tenait comme à la prunelle de ses yeux -sans compter Lyall bien entendu-, de cette clarinette obtenue après tant d'efforts auprès de ses parents. Cet objet de délivrance, qui lui permettait de s'évader et de s'échapper de son quotidien si harassant et morne lui semblait tellement beau en cet instant, la faible lumière de la lune éclairant les clés de métal où venaient s'y poser ses doigts fins pour produire une merveilleuse et chaleureuse mélodie.

Lilith s'en empara, positionnant ses doigts comme à l'accoutumée, ce geste lui étant devenu automatique. Elle prit une bouffée d'air frais, inhalant l'odeur musquée du Cabaret, et souffla dans le bec de l'instrument, répandant alors le Deuxième Mouvement de la 5e Symphonie de Beethoven dans la chambre, ainsi qu'à l'étage et au-dehors du Cabaret. Ses doigts parcoururent rapidement les clés, enchaînant l'un après l'autre les accords, diffusant le son de sa pensée.

***

Ce n'était décidément pas un bon jour pour Wilhelm Dilthey. Pour commencer, il avait été dans l'obligation de partager une diligence avec un couple de nobles particulièrement agaçants, qui durant le long trajet de sept heures, n'avaient rien trouvé de mieux à faire que de se prendre la tête pour une histoire de famille, d'héritage… Soit une discussion des plus ennuyeuses et mal de crâne à volonté !
Puis, en descendant finalement et arrivant à Paris, il se fit happer par un groupe de personnes à l'allure suspecte, mettant ses nerfs à rude épreuve. Il s'en débarrassa rapidement, usant quelques unes de ses invocations les plus bénignes, mais assez efficaces pour faire prendre la fuite de peur à ces voleurs de pacotille.
Il poursuivit finalement sa route, cherchant l'adresse qu'on lui avait indiqué il y a quelques jours, où il pourrait se faire embaucher, lui avait-on dit, sans poser de question quant à sa condition d'être surnaturel.

Mais les ennuis ne s'arrêtèrent pas là, au contraire. Car il n'aurait pas pu tomber sur la bonne personne pour lui indiquer le lieu où se trouvait le Cabaret, c'eut été beaucoup trop simple. Non, il avait fallu qu'il demande à non pas deux, non pas trois, mais à bien une dizaine de personnes pour qu'on puisse enfin le renseigner de façon juste et claire ! À croire que le Cabaret était un lieu inaccessible, caché pour la plupart des personnes.

Il était alors, là, sur le palier de cet endroit mystérieux, à dix-heures du soir, affublé de sa longue cape vert profond et de ses bagages, attendant que quelqu'un vienne lui ouvrir, après avoir frappé trois fois à la lourde porte de bois.
Un grincement se fit entendre, et Wilhelm vit alors une femme, dont il ne put réellement mettre un âge sur son visage, habillée de rouge, et portant sur elle une infinie grâce. Il remarqua immédiatement qu'elle était une surnaturelle, il était plutôt doué pour sentir ce genre de chose.

- Bonjour, hum… Bafouilla-t-il, je souhaiterais parler à la personne qui gère cet endroit. On m'a renseigné qu'il y aurait une possibilité pour que je… Enfin… Pour que je fasse parti de votre troupe, ici, au Cabaret du Temps.
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MessageSujet: Re: ~ Bienvenue au Cabaret du Temps ~   Dim 17 Avr - 21:43

Enfin, la fin de la journée approchait. Pas qu'elle n'aimait pas bosser, après tout ça faisait passer le temps, c'était surtout que vers la fin, écouter les derniers ragots ou les jérémiades des clients lui tapait fortement sur le système. Pour ne rien arranger, ces clients avaient une fâcheuse tendance à salit son bar avec leur mains sales... mais le pire, c'était lorsqu'ils retirait leur dessous de verre alors qu'elle avait bien prit la peine de l'enlever. Mais Anko appréciait la fin de la journée, ou plutôt, le début de la nuit, lorsque le cabaret commençait à se vider, et qu'il devenait beaucoup plus calme... les commandes se faisaient un peu plus rares et espacées, alors elle avait le temps d'observer des potentielles futures proies, qui passerait sans doute une très mauvaise nuit lorsqu'ils s'allongeront dans leur lits en croyant être à l'abri. C'était ce qu'elle adorait... alors que sa proie se pensait en sécurité, dans un endroit des plus intimes, sa propre chambre, un endroit ou il était le plus vulnérable, le moment de s'endormir, un moment durant lequel il était conscient que n'importe qui, ou n'importe quoi, pourrait venir l'occire sans qu'il puisse se défendre, l'entité se glissait dans ce lieu inviolable avec toutes les plus mauvaises intentions du monde. Elle prenait un malin plaisir à s'infiltrer dans leurs esprits pour en trouver la moindre faille, ou les regarder longuement dormir. À cause de l'aura malsaine qui emplissait de plus en plus la pièce, ils se réveillaient avec un malaise sur le cœur, avec l'impression d'être observé, avec la peur de ne pas être seul alors qu'ils ne voyaient rien autour d'eux, ou parfois, simplement un discret mouvement dans la pénombre de leur chambre, à peine aperçu du coin de l’œil et dont la partie rationnelle de l'esprit se disait que ce n'était que l'imagination.
Profitant de la très faible concentration de clients, Anko en profitait pour passer un coup de chiffon sur le bar constamment sali. C'était plus fort qu'elle, il fallait que son bar soit nickel, ce qui était paradoxal vu le bordel qu'elle gardait « chez elle ». Dans le calme du cabaret, bien qu'il y avait des sons qui provenait des coulisses, l'entité sombre séchaient ensuite les verres, rapidement nettoyés grâce au jet d'eau savonneuse propre à tout bar qui se respectait. Mais même si le cabaret se vidait de ses clients, il n'en restait pas moins les odeurs lourdes d'alcool ou de chaleur humaine qui flottaient dans la pièce, témoignant de la récente agitation qui régnait habituellement dans ces lieux. En plus de ça, les différents présences non-humaines qui remplissait les environs. Anko préférait rester discrète, et faire son boulot jusqu'à ce qu'elle puisse laisser libre cours à ses idée de cauchemars sur une pauvre victime endormie, et ainsi, pouvoir enfin se nourrir, car plus elle attendait, plus son appétit grandissait... mais comme on disait, plus on n'a faim, meilleur est le repas.
Ce n'était apparemment pas demain la veille qu'elle pourrait partir, puisqu'il y avait encore tant de choses à faire, comme ranger la salle par exemple. Le bruit discret de sabots sur le sol la fit supposer que l'illusionniste du cabaret était de retour, et en bonus, du bar elle le vit remettre un peu d'ordre dans la salle, ce qui n'était pas de refus... si elle n'aimait pas qu'on vienne farfouiller ou ranger derrière son bar, concernant la salle si quelqu'un d'autre s'en chargeait se n'était pas de refus. Le cheval se coucha à coté du bar d'ailleurs.
-"J'espère que t'as pas mis de la vase sur le sol."
Marmonna t-elle à l'intention du kelpie. À cette heure, Anko ne servait plus que pour ses collègues du cabaret ou pour quelques clients qui s'éternisait... comme par exemple, ce fichu vampire qui avait l'air de prendre du plaisir à faire les pilier de comptoir. Tout en remplissant une nouvelle fois le verre d'alcool posé devant ce cher buveur de sang, l'entité se mit à râler.
-"T'as pas une pucelle à aller bouffer, au lieu de venir larver ta carcasse dans le coin ?"
Un peu agacée et de toute façon souvent de mauvais poil avec la plupart des personnes, le croque-mitaine était pressé de pouvoir aller se nourrir, mais elle ne pouvait pas bouger avant que tout les clients ne soient partis... si ça se terminait trop tard, de toute façon, au pire elle se rabattrait sur quelqu'un du cabaret.

***

C'était déjà terminé ? Tout passait beaucoup trop vite, dans ce monde. La vie, les siestes, les repas. Et puis, les spectacles, aussi. Ces derniers, c'était ses moments préférés de la journée, pour la raison toute bête que c'était amusant. Le lion aimait se donner en spectacle, alors quel meilleur endroit que sur la scène d'un cabaret pour se faire ? Pourtant paradoxalement, il n'aimait pas trop y rester longtemps, il trouvait son odorat beaucoup trop agressé par toutes les odeurs d'haleine alcoolisée, de parfum bon marché ou plus généralement, de fumées de cigares qui emplissait les lieux lorsque le cabaret était animé. Peu après le numéro, le grand lion à la crinière fournie (et douce) était retourné vers sa chambre pour reprendre apparence humaine... oui car les vêtements n'étaient évidemment pas comprit dans la transformation, et on lui avait déjà "gentiment" dit que se balader à poil quand il n'était justement pas couvert de poils n'était pas des plus correct. C'était surtout qu'après, il allait prendre l'air frai de la rue pour se sortir un peu de cette ambiance festive, et qu'un lion en liberté n'était pas des pus rassurant ni pratique pour marcher dehors.
Assit sur un muret assez haut depuis quelque temps, Kalei balançait ses jambes dans le vide en regardant les passants faire ce qu'ils faisaient de mieux, marcher. C'était toujours quelque chose d'intéressant à regarder, quand on n'y prêtait attention, de voit toutes les informations qu'on pouvait glaner sur les gens rien qu'en regardant leurs démarches, leurs mimiques, leurs habits. Le plus intéressant, c'était ce qu'il faisaient quand ils n'avaient rien à faire. Lorsqu'ils attendaient à l'entrée d'un lieu, ou un cocher assit sur le devant d'un véhicule qui attendait ses passagers. Ils tapaient du pied, se balançaient sur leurs jambes, consultaient leurs monstres, regardaient d'un air hagard tout autour d'eux. Certains marchaient en vérifiant constamment qu'ils n'étaient pas suivit, jetant des coups d’œils par-dessus leur épaule. D'autres encore, étaient manifestement très imbibés d'alcool et titubaient ou s'accrochaient à des réverbères. En parlant de ça, un allumeur plutôt tardif était en train de vérifier les lumières publiques. Parfois des femmes passaient en joyeuse compagnie, ayant pour la plupart laissé leurs enfants dormir sous la surveillance de leur gouvernante, pour profiter en toute tranquillité des joies qu'offrait la nuit.
Pour autant, rester bien tranquillement assit pépère à regarder la vie du soir se passait n'était pas son fort. Pas longtemps, en tout cas. Il préférait aller s'agiter quelque part, à aller provoquer quelqu'un ou trouver une personne avec qui s'amuser. Kalei sauta à terre, et envisagea quelques instants de reprendre sa forme animale pour aller chasser des bestioles en dehors de la ville. Mais c'était un peu loin, et il n'avait pas envie de rentrer couvert de terre et de feuilles et se faire encore accuser d'avoir salit tout le sol avec ces grosses pattes de félin. Pourquoi ne pas aller dans les quartiers un peu plus... dangereux ? Là ou il ne faisait pas bon pour quelqu'un ayant des affinités non-humaine de traîner ? S'étant décidé pour aller explorer les quartiers plus hauts, il parti dans leurs direction, sans même prendre la peine de masquer sa queue féline avec une cape ou un manteau. Marchant dans la rue quelques minutes, il commença à arriver vers des lieux ou les rues étaient plus propres, ou il y avait plus de calèches, ou les gens étaient beaucoup mieux habillés. En passant, il perçu plusieurs chuchotements, mais n'y fit pas attention. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait ce genre d'escapade, et le fait que certaines fois ça avait faillit mal finir ne l'empêchait pas de retenter l'expérience. C'était aussi que les maisons étaient très grandes, belles et tellement éclairées de l'intérieur qu'on aurait dit qu'un mini-soleil était prisonnier entre les fenêtres. Comme à son habitude, il choisit un muret pour s'asseoir en tailleur, et se mit à fixer les gens qui passaient, encore, mais cette fois, les sens attentifs, il regardait aussi les décorations d'une immense maison et le beau jardin taillé qu'il arrivait à percevoir.
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